mercredi 24 décembre 2014

De bon matin, j'ai rencontré le train...

[article préparé lundi avant Noël, dans un Paris-Lyon...]

Aaah, le plaisir des voyages en train... Un plaisir que j'avais presque oublié tant le train est globalement peu utilisé aux États-unis... Oui, les trains sont lents, (paie ton heure et demie pour faire 60km), plutôt chers (ça te coûtera la modique somme de $37) et, globalement, peu adaptés de ce fait aux distances américaines. Finalement, c'est presque à peine plus long de faire le trajet jusqu'à Boston en bus qu'en train et ça coûte cinq fois moins cher... Bref, le train n'a pas la faveur des américains et c'est bien normal puisque le réseau n'est absolument pas adapté!


En revanche le train en France... Aaaaah le train en France (soupir de soulagement/d'étonnement/d'exaspération, le charme de la SNCF opérant, on arrive à être les trois en même temps lorsque l'on monte à bord du TGV). Ah oui parce que quand je parle du train en France, n'ayant quasiment jamais pris autre chose que le TGV, je considèrerais que le train en France = le TGV. Ce qui est complètement erroné comme postulat de base, mais tant pis, ma mauvaise foi couplée à mon manque de rigueur s'en accommoderont très bien. 
Donc le train en France. Ayant quand même environ 10 ans de vie passés à plus de 39km de Duerne, je suis devenue une habituée du train. Je n'ose pas faire le calcul ni des kilomètres parcourus, ni des sommes engendrées pour contribuer à la restauration du réseau ferré de France tiens... Je l'avais fait il y a 7/8 ans je crois et j'avais eu peur. Et puis évidemment, comme je dis ça, je le fais hein. Au prétexte que c'est la fin de l'année, tiens quitte à faire des bilans à la con, autant en faire un bien stupide qui, pris isolement et sans contexte ne rimera à rien, mais par pur plaisir de faire parler les chiffres. En dix ans, en partant sur des estimations moyennes et très arrondies des distances (Paris-Lyon = 500 km, alors que c'est 512 en réalité... Alors oui, 12 km c'est rien, sauf que si l'on prend en compte les 60 AR que j'ai fait (au moins) entre ces deux villes, ça fait 1440 km...), avec un calcul ne tenant pas compte des vacances scolaires pendant les trois années ou ces dernières se sont appliquées, ainsi qu'en prenant un trajet au coût moyen de 60€ (sachant encore une fois que ce n'est qu'une approximation plutôt baissière, puisque de mémoire les Lille-Lyon coûtaient 100€, les Lyon-Paris a minima 60€ même si aujourd'hui je paie mon AR 173€ ---> on oublie tout mon chapitre sur le bas coût des billets de train en France vs les États Unis hein), on arrive au constat suivant: en dix ans, j'ai effectué quasiment 178 000 km en TGV, cela m'a coûté quasiment 22 000€ et j'ai pris le train 362 jours environ. Soit, quasiment une année entière passée à prendre le train tous les jours! Oui oui, le plaisir de faire parler les chiffres vous disais-je!
Cela dit la SNCF et son nouveau programme de fidélité m'en sont reconnaissants: juste après avoir quitté la France et après avoir passé une année entière à voyager quasiment tous les weekends, j'ai atteint le statut de Grand Voyageur Plus. Statut qui m'a donc permis ce matin de tester le salon Grand voyageur de la SNCF. Youhou! La folie totale ce salon, la presse était en libre service, mais pas le café... J'en ai déduis qu'à la SNCF ils avaient choisi leur combat: ce serait la survie de la presse plutôt que des petit producteurs de café! Oui ce matin, je suis une grande philosophe/analyste statisticienne!

Puisque je suis dans les annonces de statut, j'en profite pour annoncer que je suis aussi (enfin!) passée Silver chez Airfrance et chez Accor aussi (mais on s'en fout un peu, si ce n'est que j'ai droit à une boisson gratuite au bar de l'hôtel, la aussi, c'est comme la SNCF, la grosse teuf en perspective). Évidemment, si j'avais réclamé à Airfrance tous les vols qu'ils m'ont oubliés, j'aurais atteint le statut plus rapidement, mais enfin, j'avais la flemme de leur scanner tous mes boarding pass, avec confirmation de commande et compagnie pour chacun des vols oublies. Donc tant pis, c'est Noël, c'est cadeau pour Airfrance, pour entretenir les couloirs bien propres des avions, tiens. Ou plutôt pour qu'ils ré équipent tous leurs Boeing comme le dernier, avec tablettes tactiles et chargeur de téléphone, tiens (oui, il y a beaucoup à prendre ce matin)! Bref, j'assume mon statut de bienfaitrice pour les transports en France.

Au départ, je voulais écrire cet article sur la cohue dans le TGV juste avant Noël un lundi matin dans le sens Paris-province (aaaah ce doux mot que la "province"...), entre Tatie Jeanine qui n'a plus de place pour sa valise, Agathe qui regarde les cailloux en dessous de le train, Papa, Toto qui est en voiture 16 oui mais la ma femme est en voiture 5 alors on voulait savoir si c'était possible d'échanger, non non c'est pas loin la voiture 16 (200 mètres à peine à remonter le long du quai, avec ta valise chargée de cadeaux, tu parles, c'est rien) et Nathalie qui soupire parce qu'il y a plein de place au fond du train pour ranger vos bagages enfin messieurs-dames plutôt que d'empêcher les gens de rentrer, oui pardon Madame, je voudrais juste passer pour rejoindre ma place qui est la-bas, oui ici c'est bien la voiture 5, mais ça vous dérange pas de vous mettre côté fenêtre parce que je me lève pour aller faire pipi pendant le trajet et peut-être boire un coup aussi, Margaux arrête de pleurer les gens dorment il est tôt (oui je confirme) et excusez-moi de vous déranger mais est-ce que vous savez s'il y a un arrêt au Creusot ?

Aaaaaah les plaisirs du TGV...

C'est toujours marrant de comparer les divers populations qui composent un TGV selon le jour et l'horaire auquel on le prend. Il m'est arrivé deux fois de prendre des Paris-Lyon un samedi en fin d'après-midi. Et bien c'est d'une part quasiment vide et d'autre part glauque. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il n'y a que des gens bizarres dans ce genre de TGV mais quand même un peu. La dernière fois je suis tombée sur un chef de gang tzigane qui m'a raconté comment faire du trafic de voitures avec l'Afrique. Je me suis vraiment sentie concernée, oui oui. Je me souviens aussi de ces grands moments dans le TGV Lyon- Lille avec son débarquement d'anglais à oreilles de Mickey, parlant bruyamment et mangeant des Mc Do puant (oui Julie, le Mc Do ça pue) à Marne-la-Vallée-Chessy, brisant le calme qui régnait alors, parfait pour regarder un petit film... Les TGV les plus pratiques et les plus fonctionnels à prendre sont ceux du lundi matin tôt car composés uniquement d'habitués ou de personnes allant à Paris pour travailler la journée ou la semaine et ceux du vendredi soir, après 19h (avant il y a trop de familles, ça piaille dans tous les sens, ça tergiverse pour savoir si on ira d'abord chez ta mère ou chez mon oncle Gilou). Avec un bémol quand même pour les lundis matins, lorsque c'est un groupe de commerciaux (oui j'ai décidé la aussi sur un postulat arbitraire qu'il s'agissait de commerciaux. Précisément en fenêtres et en velux, si vous me demandez la maintenant tout de suite, je ne sais pas pourquoi, mais voilà, pour les besoins de l'analyse ce petit groupe sera composé de commerciaux, un groupe de trois, le chef et deux collaborateurs, lucky enough pour monter à Paris) qui ne va que très rarement à Paris et qui connaît donc le frétillement et l'excitation propres aux premiers voyages en TGV (oui moi aussi je parlais a mes voisins au début. Je vous rassure, au troisième voyage j'ai totalement arrêté, en revanche, je continue toujours de leur inventer des vies). Heureusement, bien souvent, le patron dans ces cas la, investi d'une mission propose d'inviter ses précieux collaborateurs à prendre un café en voiture bar parce que bon on s'est levé tôt quand même. Bien leur en prenne, non pas que je n'apprécie pas les bonnes blagues et les rires francs de bon matin, non, simplement en prenant le train qui arrive à 8h à Gare de Lyon, cela signifie que moi aussi je me suis levée tôt et j'aspire simplement à terminer ma nuit tranquillement dans le train, voilà tout. Évidemment cela peut paraître totalement condescendant et je ne saurai le nier, simplement après donc dix ans à prendre le train à minima toutes les trois semaines, j'ai acquis une forme de snobisme pour préserver mon confort et mon équilibre dans pareille situation, aussi me suis-je très prosaïquement blindée contre tout ce qui peut nuire à l'optimisation parfaite de mon trajet.

Enfin, lorsque l'on pense voyage en train, on pense à sa place dans le wagon. Le site de la SNCF, enfin parlons plutôt de l'admirable application, tellement pratique, si si je ne suis même pas ironique pour une fois, permet de plutôt pas mal se positionner dans le train. En revanche il manque UNE option: éviter le carré. Le carré. Cet endroit horrible où tu as 2 chances sur trois de te retrouver avec une famille avec enfant en bas âge. Alors évidemment, concernant les enfants en bas âge, tu les trouves charmants gouzigouzi tant qu'ils restent calmes, hein. Mais lorsque le petit commence à pleurnicher et que le parent, pas un habitué du train visiblement, n'a pas le réflexe salutaire de l'emmener en balade, ou au moins dans l'espace entre les deux wagons, et que tu te tapes le gnome hurlant pendant deux heures de trajet, malgré ta petite playlist "zen" sur Deezer, c'est quand même un peu dur. Je me souviens d'un trajet dans un carré,à côté d'une famille bien tradi, le père et la mère devaient avoir 24 ans et étaient complètement désemparés face à leurs deux marmots qui pleuraient jusqu'à s'en déchirer les tympans et les cordes vocales. Il leur a fallut à peu près une heure et demie et l'intervention d'une gentille dame pour qu'ils aient l'idée de les emmener promener, au grand soulagement de toute la voiture. Mais le carré, en dehors de son aspect familial et convivial c'est aussi la totale promiscuité avec ton voisin d'en face, dont tu toucheras le genou à minima trois fois durant le voyage. Sans parler de son ordi qui empiètera magistralement sur ta table ou de son sandwich thon crudités dont tu supporteras les miettes tout le reste du trajet. Pour un peu que tu sois en train de tricoter... Non, je n'ai jamais tricoté dans le train mais l'idée m'a traversé l'esprit parfois. Mais quand même, une écharpe aux miettes de Parisien... 

Sur ce, j'ai ouï dire que la SNCF était en grève aujourd'hui alors je vous souhaite un bien joyeux Noël =]


samedi 20 décembre 2014

[defi blog] les lumières de fête à New York, dans le Connecticut et àParis !

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Caroline du blog, Un rêve de Green Card et Isabelle du blog FromSide2Side. Le thème du mois était  Lumiere de fete de ma ville.
Alors évidemment, comme j'ai toujours du mal à me plier aux règles, en tant que bonne contre-dépendante, n'est-ce pas Hélène, je ne vais pas vous parler uniquement des lumières de fête de New York, mais aussi de celles dans le Connecticut, ainsi que de celles à Paris, puisque je suis à Paris depuis le 8 décembre. À peu de choses près, j'aurais aussi pu vous parler des lumières de Duerne, hein, mais malheureusement, je ne rentre que lundi ;0)

Commençons donc de manière chronologique, avec les lumières du Connecticut. Si vous vous souvenez bien, lorsque j'avais fêté Thanksgiving dans la famille de Vikingette, nous étions allés dans ce petit parc des illuminations, Fantasy of Lights, dans les environs de New Haven. Je ne sais pas exactement comment d'écrire la chose, alors on dira que "petit parc des illuminations" fait le job! Pour vous aider à imaginer la chose, je vais essayer de vous la decrire... C'est une espèce de petit parcours à faire en voiture, sur des petits chemins goudronnés, avec des guirlandes et des figurines illuminées à observer tout le long. Bon, je sais pas si vous visualisez bien là, hein, mais je ne vois pas comment vous décrire mieux la chose... L'entrée coûtait $15 par voiture pour une petite demie heure de route je crois et les bénéfices étaient reversés à une association. Bon, par contre, je n'ai aucune idée de quelle association... Aux États-unis, on donne énormément aux "charity", il faudrait que j'investigue un peu sur cet aspect culturel dans un prochain papier, tiens! Cela dit, revenons-en à nos illuminations! C'était parfois classique, parfois kitsch, parfois surprenant (les pokemon en guirlande? Pourquoi? Comment à un moment le mec qui met en scène ce petit parc des illuminations se dit "et si je mettais un Pikachu ici?"), classé par thème. 
Les photos sont d'une qualité moyenne car prises toujours avec mon téléphone et au travers des vitres de la voiture :















Ensuite New York. Il y a une vraie frénésie de fêtes et des deco qui vont avec sur le dernier trimestre. On passe des chauves-souris et des squelettes d'Halloween aux dindes et aux feuilles mortes de Thanksgiving pour arriver ensuite sur les pères noel et autres étoiles sans interruption et, avec le recul, je me rends compte que je n'ai pas vu le temps passer. Évidemment, c'est un phénomène classique hein, plus on vieillit, plus le temps passe vite. Ayant eu 30 ans en septembre, il est donc tout à fait normal que je ne vois plus le temps passer, donc.
Revenons en a nos moutons, enfin pour coller avec l'époque, nous dirons à nos rennes, et parlons des lumières de Noël à New York. Évidemment, comme entre Thanksgiving et mon départ il ne s'est écoulé même pas deux semaines, je n'ai pas pu mener une grande enquête sur le sujet, aussi nous cantonnerons-nous à Manhattan (NDLR: avec la simplification administrative territoriale et la suppression des cantons, est-ce que je pourrais toujours utiliser le verbe un tantinet désuet "sa cantonner à", verbe que j'affectionne tout particulièrement? Vraie question du samedi matin 10h).
J'ai déjà fait un article sur les vitrines splendides des grands magasins, mais je n'ai pas parlé des illuminations et des sapins de part et d'autre dans la ville, à commencer par le plus grand d'entre tous, le sapin du Rockefeller Center et sa patinoire géante (super cher, au passage, je vous conseille plutôt la patinoire gratuite de Bryant Park hein...). En parlant de sapin, j'en avais évidemment un dans le lobby de l'immeuble, au bureau, comme on en trouve d'ailleurs dans tous les lobbys des condos! Voici donc les quelques photos que j'ai eu le temps de prendre avant de partir.

[on celebre toutes les fetes, dans le lobby au bureau !]
[le sapin du Rockefeller]


[Columbus Circle]


[Grand Central]

[Rockefeller Center, de jour je sais mais bon...]
Et quand même, ce soir, rien que pour vous, j'ai bravé la pluie parisienne pour faire le tourist tour et vous rapporter les plus belles photos (que l'on puisse prendre avec un téléphone) de la ville Lumière, n'est ce pas.

[Le Printemps, dix fois mieux que les Galeries]





[Bon, toutes mes photos des Champs sont ratees mais celle-ci est la moins pire]


[Paris is my favourite city, I love France! Ah ben c'est sur qu'en voyant ca...]

































mardi 9 décembre 2014

Les jolies vitrines de Noël de New York

Voilà, en bonne lyonnaise, le 8 décembre étant passé, on peut officiellement lancer les hostilités de Noël. Enfin, les hostilités, c'est bien évidemment une façon de parler, car comme chacun sait (et comme les prétendantes à l'élection de miss France vous l'auront encore répéte samedi dernier -pfff dire que j'ai raté ça, rien que d'en parler je suis dégoûtée hein), Noël c'est plutôt la paix dans le monde.
Du coup, puisque les préparatifs de Noël ont officiellement démarré, je vous propose un petit tour des vitrines des grands magasins de New York. Elles valent vraiment le détour. Alors oui, à Paris, il y a les vitrines du Printemps et des Galeries, certes, mais comme d'hab, ici il faut imaginer ces vitrines la mais en plus grand (n'oubliez jamais: everything is bigger in America), puisqu'il y a au moins 5 ou 6 grands magasins où l'on peut les admirer. Les magasins sont plutôt concentrés et on peut tout faire en une après-midi. Évidemment, il ne faut pas avoir mal au genou parce qu'on a couru le matin, ni une envie de bière, parce que du coup, ces deux éléments perturbateurs peuvent faire perdre un temps considérable sur l'itinéraire...
Mais enfin, voici mes quelques photos. Je ne sais plus exactement lesquelles ont été prises devant quels magasins... Alors je vais essayer de rassembler au mieux mes souvenirs en commençant par celles dont je suis certaine:

- Saks Fith Avenue: la thématique était autour des contes pour enfants mais un peu revisitee. Pour approcher les vitrines, des barrières dessinant une file d'attente ont été mises en place. Autant vous dire que comme le magasin est situé face au Rockfeller Center, lequel à sorti mardi dernier tout l'attirail de Noël avec sapin et patinoire, les trottoirs de la 5th avenue sont totalement bondés des deux côtés de la rue à ce niveau la. #bonheurtotal




- chez Macy's, on peut admirer des vitrines atypiques et d'autres récurrentes d'année en année. En revanche, la dernière fois que je me suis rendue chez Macy's, c'était Little Business Saturday (lendemain de Black Friday), donc la foule m'a dissuadée de prendre une quelconque photo des vitrines. D'ailleurs elle m'a dissuadée tout court, la foule, je ne suis même pas restée 20 minutes dans le magasin!

- Bergdorf Goodman: ce qui est sur, c'est que je les ai vues en allant courir à Centrak Park le weekend dernier. C'est déjà un point sur. Après, je vous propose un petit jeu, tiens: vous n'avez qu'à aller vérifier vous même si les photos ci-dessous sont bien celles de chez Bergdorf ;-) En tous cas, elles étaient particulièrement stylées!







- Lord and Taylor: ah facile, je n'ai pris qu'une seule photo de l'extérieur, mais quelle photo! Bon, c'est le grand magasin le plus proche de mon bureau, je ne devrais donc pas avoir d'excuse...



Il y a aussi de très belles vitrines chez Bloomingdales et Barneys, mais mes jambes n'ont pas pu me porter jusque-là dimanche dernier. 

Et puis, les intérieurs sont aussi spectaculaires à voir, même si avec la qualité de mes photos et la façon dont je les prends (plutôt à la volée, avec mon téléphone dégainé plus vite que mon ombre), cela ne ressort pas toujours vraiment ;)




Enfin, j'en profite pour vous raconter l'illumination du quartier de Murray Hill (mon quartier donc) dimanche à 16:30. Pour l'occasion, l'association du quartier s'était rassemblée devant la maison scandinave sur Park avenue, vin chaud (sans alcool, faut pas déconner non plus, c'est New York) et cookie à l'appui. Ah oui, quand je vous parle d'association du quartier, il faut plutôt imaginer un truc bien traditionnel, avec plein de membres bien comme il faut, plutôt qu'une "assoce de quartier" qui pourrait avoir une consonance légèrement sociale à nos oreilles de français. Ici, c'était plus vison-tartan que survet-casquettes hein. Bref, après avoir siroté mon chocolat chaud (avec du lait lui en revanche, mmmh, c'était bon!) en écoutant des Christmas carol et un petit discours du président depuis 24 ans de l'association, ils ont enfin allumé les petits sapins et les guirlandes dans les arbres sur le Mall de Park Avenue. Voilà, maintenant c'est vraiment Noël :)



samedi 29 novembre 2014

Happy Thanksgiving !!!

Thanksgiving... Jusqu'à cette année, pour moi, Thanksgiving, c'était un truc des séries américaines. Et puis, je suis arrivée aux US... Et j'ai regardé la liste de mes jours de congés. Pour Thanksgiving, on a deux jours de congés. DEUX. Sachant qu'on n'a même pas Pâques ou l'armistice de la 1ère guerre mondiale, rendez-vous compte, deux jours!!! Initialement, on pensait aller en Louisiane ou en Floride, bref, en profiter pour voyager. Ça, c'était ce qu'on s'était dit en arrivant à New York. Et puis, est arrivée ma collègue américaine, qui avait vécu quatre ans en France. Et l'une de ses premières réflexions, alors qu'on prenait tranquillement notre café un beau matin d'août, fut "cool, on a deux jours pour Thanksgiving" (les jours fériés sont affichés dans la cuisine au bureau). Bon. Thanksgiving, ça doit vraiment être quelque chose. Et puis, le temps a passé, août septembre octobre... Tellement occupes que nous étions, nous n'avions pas vraiment reparlé de Thanksgiving. Du coup, lorsque mi octobre, elle a proposé de nous inviter chez elle, on n'a pas vraiment hésité longtemps avant d'accepter! Un vrai Thanksgiving américain, avec une vraie famille américaine, dans une vraie maison américaine! Pour les besoins de l'histoire on rebaptisera ma gentille collègue américaine qui parle couramment français Vikingette (sur une idée originale de l'Homme puisqu'elle est d'origine suédoise et blonde aux yeux bleus. A prononcer Vikinguette). Pour les besoins de l'histoire toujours, on rebaptisera mon autre collègue, elle aussi de la partie, Brunette, en raison de ses yeux et de ses cheveux bruns. Les présentations étant faites, nous pouvons continuer l'histoire.


Tout commence mercredi, avec l'arrivée supposée de la neige. Je ne sais plus si je vous avais déjà parle de la neige, mais la neige devait déjà arriver le mardi de la semaine précédente, en pleine nuit, ce qui m'avait coûté quelques réveils pour vérifier l'état du ciel et des routes (Bison Futé bonjour). 2h du mat: pas de neige. 3h: rien. 4h: toujours rien. Du coup à 5h je me suis rendormie, en maugréant contre The Weather Channel. Mercredi donc, de la neige à prévoir (selon les prévisions de la météo de Vikinguette 1 yard, selon celles de Brunette 3 feet). Quel qu'en soit le nombre en tous cas, moi je l'attendais de pied ferme (du coup, deux). En guise de neige, il a plu toute la journée avec un vague épisode pluie-neige aux environs de 11h. Déception encore une fois, c'est décide, j'arrête de croire la météo. Une pluie que nous avons d'ailleurs bien sentie en allant nous balader l'après-midi avec l'Homme, puisque j'étais sortie à 15h du bureau, veille de long weekend oblige. D'ailleurs ici, on n'appelle pas ça un "long weekend" mais de véritables "holidays". Comme quoi la notion de vacances peut être toute relative...

Toujours est-il que jeudi matin, 9h05, nous voilà assis tous les trois dans un train pour New Haven, Connecticut. Deux heures de trajet, une demie-heure de voiture et nous voici dans la famille de Vikinguette. Laissez moi vous parler tout d'abord de la maison. C'était la première fois que je pénétrais dans un intérieur américain (dit comme ça, ma phrase peut paraître bizarre). La maison en elle-même était située dans un "neighborhood",  un quartier résidentiel de la ville de Middle Town ou les maisons étaient toutes immenses et avec chacun un style particulier. La maison des parents de Vikinguette était drôlement chouette (ça rime). Grande, lumineuse et parfaitement décorée.

[la table parfaitement dressée]

[avec des couleurs automnales et une mini dinde évidemment!]

[Chaque verre avait sa propre "ring" pour que l'on puisse facilement reconnaître le sien]
Quand nous sommes arrivés, vers 11h45, la table était mise, le service de mariage sorti et je dois dire que nous nous sommes très vite sentis à l'aise. Les parents de Vikingette ont été vraiment adorables avec nous. Un vrai sens de l'hospitalité. Et je ne dis pas ça juste parce qu'il se pourrait qu'un jour elle lise ces lignes, non, vraiment, nous nous sommes sentis immédiatement à notre aise. La maman et la tante de Vikingette étant d'origine québécoise, elles parlaient et comprenaient le français, ce qui l'a parfois aidée sur des mots de vocabulaire précis (toujours ce foutu vocabulaire qui me fait défaut! Même si maintenant je sais que cheminée se dit "fire place" et qu'OJ désigne l'Orange Juice). Quand nous sommes arrivés, la dinde était déjà au four depuis 3heures. Le papa de Vikingette (qu'on pourra renommer "Chef" en raison de ses qualités de cuisinier) nous a expliqué qu'il la cuisait dans un sac plastique pour gagner du temps, sinon la bête prendrait plutôt 9heures à cuire. Oui, je parle de "bête" car ladite bête pesait -hors farce- 27 pounds. Sachant qu'il faut un peu plus de deux pounds pour faire un kilo, nous étions donc sur une bête de 11 kilos environ. Sacrée bête donc. Le grand-père de Vikingette, 89 ans au compteur et en pleine forme, s'est chargé de la découpe, tandis que nous bavardions tranquillement autour d'un verre de vin en grignotant quelques légumes d'apéro et des crab-stuffed mushrooms (Pauline, si tu lis ça, tu aurais kiffé je pense) et en attendant que le reste de la famille n'arrive. 

[la dinde en sachet, cuisson "rapide" garantie.
PS: prendre un sac plastique résistant au four, pas comme le plat des poulets rôtis du supermarché hein]
[Action!]
Nous nous sommes attablés vers 13h comme prévu. Lorsque la dinde, ses 5 ou 6 sides et nous avons été parfaitement en place, est arrivé le moment de la bénédiction. Étant donnée mon éducation quelques peu contradictoire en matière de religion, je n'avais jamais assisté à une bénédiction de repas. Bon, aussi parce que ça se fait beaucoup moins en France je pense aussi. C'était un moment vraiment chouette, parce que la maman de Vikingette à remercié tout le monde d'être venus pour célébrer ensemble ce Thanksgiving (c'est à ce moment la que j'ai fait un rapprochement avec le nom de la fête, mieux vaut tard que jamais). Ensuite, a commencé la ronde des plats. Comme il y avait une dinde, un certain nombre de sides, du jus, de la cranberry sauce, de la salade et ses sauces, je pense que nous avons bien mis un quart d'heure à remplir les dix assiettes, en nous passant les plats les uns après les autres. Tout était absolument délicieux, de la cuisson parfaite de la dinde au gratin patates-oignons-fromage de la tante, en passant par la purée de patates douces, de patates normales, la julienne de carottes et navets (confits au sirop d'érable).... Tout était délicieux. Même les mushrooms déglacés au cherry, moi qui ne suis pourtant pas fan de champignons. Et la farce. Que dire de la farce si ce n'est qu'elle avait été méticuleusement préparée par Chef, selon une recette de sa grand-mère et qu'elle était succulente. J'ai même pensé demander la recette pour farcir mes tomates l'été prochain et puis, non, les recettes de cuisine, c'est un secret de famille (maman, j'attends toujours la recette de la brioche aux pralines, la seule, l'unique et fais moi penser de redemander à mamie sa recette des bugnes, tiens. Plus efficace que le post-il, la note dans l'article de blog). Évidemment, je me suis resservie de la dinde, tout comme l'Homme, parce que non, c'est notre premier Thanksgiving, il faut faire honneur aux plats.

[C'est ça, 27 pounds]

[et ça, c'est mon assiette !]
Comme Vikingette avait apporté de la pumpkin pie du meilleur magasin de pumkin pie de New York, et un cheesecake mais ça n'a rien à voir ici, et qu'il fallait la réchauffer vingt minutes, nous en avons profité pour faire une petite pause digestive sur le divan. Une demie-heure plus tard, nous sommes retournés à table, pour goûter ce que certains appelleraient la Sainte-Trinité-des-desserts (un principe selon lequel le dessert, tout comme la Sainte-Trinité, ne peut arriver seul mais forcément en trio): la pumkin pie agrémentée de crème fouettée maison, le New-York style vanilla cheesecake et une tarte à la mousse au chocolat, réalisée par Chef elle aussi. Évidemment, j'ai pris des trois, au prétexte du premier Thankgsgiving, il faut goûter de tout, hein. 

[et dire que ma mère m'a fait croire pendant 29 ans qu'on ne pouvait rien faire d'autre que du flan sucré ou de la soupe avec de la courge...]
En résumé, le repas était délicieux et, contrairement à ce qu'avait annoncé Vikingette (attention, ce n'est pas comme en France, nous on pose tout sur la table et en une heure c'est plié), nous avons passé plus de deux heures à table... Sans doute grâce à la pause, mais aussi sans doute parce que nous n'avons eu de cesse de poser des questions et de discuter avec nos hôtes, bavards que nous sommes. Enfin, quand on connaît l'Homme et Brunette, on se doute que c'est surtout moi la bavarde, hein. Heureusement qu'il y avait la barrière de la langue, sinon le dîner aurait pu durer encore plus! Bon, je vous rassure, c'était pas non plus le 14h-20h du repas de Noël à Duerne hein, mais quand même! Je m'attendais à quelque chose de plus express et de moins convivial, tandis que là, j'ai vraiment eu l'impression de partager un vrai repas de famille!

[desserts (morceaux choisis)]
Ensuite nous nous sommes lentement dirigés vers l'immense canapé (on a tenu à 8 quand même dedans!) et avons tenté de comprendre les règles du football américain. J'avais lu que les équipes de Détroit et Dallas jouaient toujours pour Thanksgiving et c'était bien le cas! Avec un halftime d'une demie-heure, avec show des pompom girls (les vraies, pas moi!) et du"chanteur" Pitbull. Et puis d'un autre aussi, mais j'ai oublié son nom. Tant pis de toutes façons, ça ne vaudra jamais VD. (Et la, j'ai une image d'un stade rempli avec, au milieu de la pelouse, une scène et Vincent  Delerm seul, au piano. Ok, ceci n'arrivera jamais je sais hein, mais on a le droit de rêver quand même). Légèrement assoupis (la faute à une enzyme spéciale contenue dans la dinde qui a des propriétés soporifiques, dixit Vikingette, on avait donc une vraie excuse pour piquer un roupillon), nous reprenons le cours du match et je crois que, dans les grandes lignes, j'ai compris les règles du football américain. Toujours utile en vue du Superbowl en janvier prochain.

(Interruption musicale pour vous dire que comme les gamins à côté dans le train jouent au Time's up avec une appli iPhone -c'est beau la technologie- et qu'ils viennent de deviner les Spice Girls, j'ai maintenant "if you wanna be my lover" dans la tête. Oui, maintenant vous aussi, inutile de me remercier)

Vers 18h, lorsque chacun s'en est retourné dans sa contrée (enfin techniquement, le grand-père habitait à 1h, la tante à 20 minutes et son fils de 17 ans aussi; d'ailleurs je ne me ferais jamais au fait que les gamins conduisent seuls à 16 ans ici, même si, je conçois tout à fait que cela s'explique étant données les distances et les nombreuses activités périscolaires), nous sommes remontés en voiture pour aller fêter Noël. Non je plaisante. Enfin, pas tout à fait, dans le sens où, la fin de Thankgsgiving donne le coup d'envoi aux célébrations de Noël. Du coup, pour bien se mettre dans l'ambiance, nous sommes allés visiter un petit parc rempli d'illuminations, qui se faisait entièrement en voiture. C'était assez kitsch, mais ça nous a bien mis en condition pour commencer à nous préparer à Noël :)))

Et puis, pour couronner le tout, il y avait bien de la neige chez les parents de Vikingette, hein...